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France. A la rencontre d’Amandine, professeur des écoles et utilisatrice du programme Playdagogie

 

 

 

 

3 questions à Amandine, qui nous fait partager son expérience sur le programme Playdagogie qu’elle utilise depuis plusieurs années.

 

 

 

Comment as-tu connu le programme Playdagogie ?

 

Je souhaitais proposer à mes élèves une approche différente des problématiques d'Instruction Civique et Morale données par les programmes scolaires officiels. Je trouvais que mes élèves passaient trop souvent "à côté" des sujets traités (handicap, vivre ensemble, etc.), et n'en gardaient pas grand chose d'une année sur l'autre... Nous pratiquions déjà des débats en classe, mais là encore, il me semblait qu'ils avaient du mal à en comprendre les enjeux. Au fil de mes lectures sur internet, je suis tombée sur le site de Playdagogie... Le jeu ayant déjà une grande importance dans ma pédagogie de classe, j'ai tout de suite adhéré au programme.

 

 

Depuis quand mets-tu en place des séances ?

 

J'ai commencé à mettre en place des séances sur le handicap en 2014 avec ma classe de CM1-CM2 à l'école Jacques Prévert de Montceau-les-Mines (ZEP éclair). Les situations de départ du programme Playdagogie, qui sont très simples et basées sur des jeux de cour de récréation connus de tous, ont permis à mes élèves de se mettre dans la peau de personnes porteuses de handicap... 

 

En parallèle, mes collègues et moi-même avons décidé d'utiliser la Playdagogie à l'échelle de l'école entière, lors des Activités Pédagogiques Complémentaires, pour amener les élèves à réfléchir sur leurs comportements, leurs actions à l'intérieur et à l'extérieur de l'école, en particulier vis-à-vis de la violence. Nous avons choisi de mélanger différentes tranches d'âge (du CE1 au CM2) pour que les élèves réfléchissent tous ensemble aux problèmes que nous rencontrions dans la cour, et qu'ils puissent échanger entre classes (avec "les mots" de leur âge, mais aussi avec leur vécu, dans la cour ou à la maison).

 

J'intervenais également au collège Jean Moulin, dans une classe de 6ème. Dans ce cas-là, nous avons choisi, avec les élèves, de parler du harcèlement, du vivre-ensemble et de la différence, qui me semblaient être les thèmes les plus "urgents" à traiter dans ce contexte.

 

 

La Playdagogie a-t-elle permis d’aborder certains sujets plus facilement avec tes élèves ?

 

Oui, tout à fait. Le plus flagrant a été selon moi lors des séances sur le handicap. Les situations de jeu permettent aux élèves de se mettre dans la peau d'une personne handicapée. De ce fait, ils en viennent à éprouver réellement de la frustration lorsque le jeu n'est pas adapté à leur "déficience" et comprennent tout de suite l'importance d'adapter les infrastructures, de prendre en compte les différences de chacun, etc. 

 

Une activité sur fiche, même si elle est très bien construite, ne permet pas de passer par ce genre de sentiments. Et c'est justement grâce à cela que lors de la phase de débat qui fait suite au jeu, les élèves aboutissent "tous seuls" à la conclusion que l'on souhaite leur faire comprendre. C'est aussi là qu'ils "démolissent" leurs anciennes conceptions relatives au thème, souvent mal construites, pour arriver à un cheminement de pensée plus "citoyen". Suite à ces séances, les élèves ayant compris et intégré la problématique, ils sont capables d'élaborer eux-mêmes la"leçon" à retenir sur le sujet.

 

Par ailleurs, le fait de passer par le jeu motive énormément les élèves à s'intéresser au sujet proposé, même s'il peut sembler complexe ou "grave" pour leur âge. Ils ont appris, par exemple, qu'il existe différentes formes de violence (physique, verbale, psychologique, harcèlement, etc.) dès le CE1. Sans passer par l'approche du jeu, cette notion pourrait leur paraître bien "nébuleuse".

 

Enfin, les règles de vie de l'école prenaient alors beaucoup plus de sens à leurs yeux. Et dans la cour, suite à ces séances, nous avons pu observer une amélioration des comportements. Moins de coups portés "en réponse à un autre", plus de recul et de réflexion sur leurs disputes entre élèves ("là, ce que tu m'as fait, c'est de la violence verbale"), plus de demande d'aide d'un adulte. Et à l'échelle de ma classe, mes élèves, les "grands" de l'école, n'hésitaient pas à s'interposer lors d'un conflit entre 2 autres plus jeunes, et ont parfois été sollicités par les "petits" pour les aider à résoudre les disputes... 

 

En bref, le programme Playdagogie permet aux enfants d'être acteur des apprentissages, d'éprouver des sentiments, de connaître des expériences qui vont parfois les destabiliser, mais toujours pour les amener à réfléchir différemment. Et c'est en cela qu'il est efficace.

 

PL4Y International remercie Amandine pour son témoignage et ce retour d'expérience.  

Vous aussi, faites nous part de vos retours d'expérience  > info@pl4y.international 

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